Apple affine sa plateforme iAd

Oct 27, 2010 // Audiences et Publicité

Dans la foulée du rachat de la régie Quattro Wireless en janvier dernier, Apple a officiellement lancé sa plateforme publicitaire, dénommée iAd, au printemps, simultanément à la sortie du nouveau système d’exploitation iOS4.

 Dès le départ, la stratégie de la firme à la pomme dans le domaine de la publicité mobile a eu le mérite de se faire remarquer, en provoquant plusieurs grincements de dents.

 -         Tout d’abord, de la part des régies tierces, qui se trouvaient de facto éjectées de l’écosystème Apple, pris en main par Quattro Wireless :

En effet, le 1er guide mis à leur disposition stipulait que « la collecte, l'utilisation ou la divulgation des données ne devait avoir pour seule fin que la distribution de publicités dans Votre Application; elles ne devaient être fournies qu'à un fournisseur indépendant de service publicitaire dont l'activité principale est la distribution de publicité mobiles,  par exemple, un fournisseur de service publicitaire affilié ou appartenant à un développeur ou un distributeur d'appareils mobiles, de système d'exploitation mobile ou d'environnements de développement autre qu'Apple ne peut être qualifié d'indépendant ». Cet article visait en particulier AdMob, régie mobile leader rachetée par Google en décembre 2009.

Cependant l’entreprise de Cupertino a, sur ce sujet, fait machine arrière et à nouveau permis aux régies publicitaires tierces d’accéder aux données analytiques issues des applications afin de mieux personnaliser leurs annonces, après obtention de l’accord des utilisateurs et d’Apple.

 -         Ensuite, des développeurs d’applications :

Le cadre extrêmement strict posé par le guide édité à leur intention limitait leur capacité d’action et de création, sans pour autant donner de précisions en cas de rejet de l’application par l’AppStore.

Désormais, Apple a édité un nouveau guide à destination des développeurs leur permettant de mieux comprendre ce qui est accepté dans l’AppStore et ce qui ne l’est pas. Cela offre un gage d’accélération de la procédure de validation désormais plus transparente, aboutissant à une mise à disposition auprès des utilisateurs plus rapide et permet de dégager des revenus plus simplement. Rappelons que les revenus publicitaires générés par les applications se partagent à 60% pour les développeurs et 40% pour Apple.

 -         L’éditeur de logiciel Adobe :

Depuis toujours, Steve Jobs n’a pas ménagé ses critiques à l’encontre du logiciel Flash, préférant promouvoir le HTML5. Pourtant, cette technologie est amplement utilisée pour les vidéos ou les applications.

Désormais, les développeurs pourront concevoir leurs produits sous Flash, abaissant de ce fait les barrières à l’entrée de l’AppStore.

 -         Enfin, les annonceurs :

Surfant sur les succès de ses terminaux – iPhone, iPod Touch et iPad – et les excellents résultats de son écosystème (250.000 applications disponibles sur son AppStore), Apple fixe des coûts de campagne substantiellement plus élevés que la normale. Tout d’abord, les annonceurs devront s’acquitter de CPM (coûts pour mille), à hauteur de 10$ pour 1.000 impressions. A cela s’ajoutent des CPC (coûts par clic) de 2$ / clic. Dans le cas d’une campagne bénéficiant d’un taux de transformation de l’ordre de1%, le CPM revient à 30$, soit le double des prix pratiqués par les autres plateformes publicitaires. Ce qui permettrait effectivement à Apple d’atteindre l’objectif d’1 million $ de CA publicitaire dès 2010.

Du côté de Cupertino, on revendique déjà des accords avec de grands annonceurs, tels Nissan, Citibank, Unilever, AT&T, Chanel, General Electric, Best Buy, Target, DirectTV, TBS ou Disney pour un total de 60 millions de dollars.

 Toutefois, Carol Bartz, DG de Yahoo !, est très critique vis-à-vis d’iAd, qui est selon elle trop contrôlé par Apple, au détriment des annonceurs. Cette position n’est pas pour surprendre, Yahoo !, en concurrence frontale avec la plateforme d’Apple, vient d’exposer sa volonté de se développer sur le marché du mobile lors du « Product  Runway » en affichant « être là où le consommateur va » (Be where the costumer goes).

 Avec ces récentes évolutions et adaptations, il semble qu’Apple est décidé à jouer non seulement l’apaisement avec les principaux acteurs de la publicité mobile, mais également à s’imposer en augmentant fortement son inventaire. En effet, en ouvrant et simplifiant son système, il y a fort à parier que le nombre d’applications présentes sur son AppStore va fortement augmenter, entraînant du même coup une hausse des espaces publicitaires commercialisables. L’entreprise de Cupertino avec cette ouverture évite par la même occasion le risque d’être attaqué pour abus de position dominante.

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