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Stratégie numérique 2012 d'ARTE
Dans son nouveau contrat d’objectifs et de moyens signé avec l’état, le 11 décembre 2011, Arte a fait vœu d’« explorer les nouvelles possibilités d’Internet (par) une meilleure circulation des œuvres grâce aux nouveaux vecteurs de diffusion comme la télévision de rattrapage et la télévision connectée, l’expérimentation des créations audiovisuelles ou encore l’enrichissement de ses plateformes thématiques sur Internet et la création de nouvelles plateformes. » Une formalisation contractuelle qui vise à renforcer la dynamique d’innovation qui caractérise les projets numériques de la chaîne...
David Carzon, qui a succédé à Joël Ronez à la direction du pôle web, a présenté quelques-unes des nouvelles productions destinées à remplir ce contrat pour « explorer des nouvelles narrations, et des nouvelles technologies ».
- Un budget en hausse
Avec 5 programmes exclusivement web cette année (contre 7 en 2011), le nombre d’œuvres financées diminue mais leurs budgets augmentent, puisqu’Arte apportera environ 100 000 euros par production, contre près de la moitié précédemment. Au total, le budget consacré au web devrait augmenter de 30% par an, pendant les quatre années à venir. Désormais deux enveloppes distinctes seront consacrées aux développements numériques; un premier budget de 800 000 euros attribué aux seuls projets webnatifs, et un second budget plus conséquent de 1,2 millions d’euros dédié à de nouvelles productions hybrides mi-web, mi-antenne (financés à 50% par chacun des pôles).
- Les « Web expériences » au cœur des nouveaux projets
Le web-programme Code-barre, qui a reçu le FIPA d’or de la webcréation le 28 janvier dernier, était semble-t-il annonciateur des tendances des nouvelles productions du pôle web. En effet, les productions à venir vont inviter les internautes à utiliser davantage leurs environnements personnels (objets, paysages, climat, rêves, données numériques), et utiliser des plateformes complémentaires pour associer les contenus (géolocalisation et photographie sur smartphones / enregistrements de voix au téléphone / pages Facebook / site Internet du programme / programmes télévisés complémentaires / applications sur télé-connectées). Ainsi, trois « web-expériences » seront lancés dans les 12 prochains mois afin de personnaliser, de délinéariser et de partager collectivement l’écriture de programmes.
Mission Printemps invitera, mi-février, les internautes à participer à des observations scientifiques à l’aide de leurs yeux, mais aussi de leurs smartphones et d’une plateforme web contributive. Ensuite, J’ai rêvé du président sollicitera, en avril, les rêves des internautes pour produire de petits films animés mettant en scène le président français. Enfin, en janvier 2013, Est-ce que tu me connais, second projet d’Arte coproduit avec l’ONF après Code-Barre, utilisera certainement les informations personnelles des internautes pour traiter de l’identité numérique et des traces que nous laissons sur Internet.
- Des projets classiques, aux interfaces épurées, et aux dimensions plus internationales
Outre ces « expériences » innovantes, Arte continue à proposer les projets qui ont fait son image de marque sur Internet : Mödern Couple, un webdocumentaire sur les défis que doivent surmonter les jeunes parents ; Hôtel, une webfiction qui invite à méditer sur la deuxième vie de personnages de jeux-vidéos ; et Les larmes d’Alma un « web-portrait » interactif sur une femme qui a appartenu à un gang guatémaltèque (coproduit par Upian). Trois projets qui bénéficieront d’interactivités simples, par contraste avec les arborescences complexes des projets passés, comme la websérie Addict(s). David Carzon note en outre que le choix d’une forme épurée ouvrira des « perspectives de distribution internationale », car les contenus seront aisément traduisibles dans d’autres langues.
- L’environnement et le cinéma complètent les thématiques web
Véronique Cayla, présidente d’Arte France a affiché, depuis la rentrée 2011-2012, la volonté d’enrichir son offre numérique à de nouvelles thématiques comme l’histoire, le cinéma et l’environnement. Et, en effet, la dimension historique a été abordée récemment par les webdocumentaires Paroles de résistants et Adieu Camarades. C’est désormais au tour de l’environnement d’entrer en scène ce mois-ci avec Mission-Printemps et, à cette occasion, d’ajouter au site web d’Arte un nouveau module « environnement », dans lequel on accèdera à des dossiers sur les enjeux écologiques.
Le cinéma sera, quant à lui, abordé par une application mobile qui permettra aux utilisateurs de smartphones de visionner les extraits des films qui ont été tournés à l’endroit où ils se situent dans Paris (grâce à une utilisation du service de géolocalisation).
- Les liens avec l’antenne se renforcent
Les contenus des nouvelles productions hybrides, eux, demeurent secrets pour le moment. On sait simplement qu’ils seront au nombre de trois ou quatre et qu’ils se déclineront par unité d’Arte (documentaire, fiction, art et spectacle). Néanmoins, Mission Printemps s’inscrit d’ores et déjà dans cette volonté éditoriale, puisque la mission sur le Web sera complétée par une émission présentant les résultats de l’enquête et un documentaire sur la méthode scientifique utilisée.
2012 sera donc marquée par l’arrivée d’une nouvelle gamme de projets capables d’établir une communication avec l’internaute hors du monde des programmes (au travers des observations scientifiques, des rêves ou des traces numériques), l’apparition d’œuvres directement en interaction avec l’antenne, mais aussi des web-créations « classiques » habillées d’interfaces plus sobres et fonctionnelles. C’est donc une double démarche que présente Arte: aller vers plus de personnalisation et, en même temps, élargir son public.


